Le jeu d’acteurs au cinéma

jeudacteursaucinemaParlons un peu du jeu d’acteurs au cinéma. Il est bien sûr essentiel au théâtre mais il l’est tout autant au cinéma !
Le jeu d’acteurs est un élément central d’un film en général mais plus précisément de l’esthétique et de la mise en scène d’un cinéaste : l’acteur est la matière même du cinéma, ce qui est représenté, ce que le spectateur voit, ce qui le touche en premier lieu.
Le jeu d’acteurs est indissociable de la mise en scène : il n’existe pas de vraie mise en scène cinématographique sans un rapport fort et original à la question du jeu (Les rapports entre le réalisateur et l’acteur-actrice ou entre le metteur en scène et le comédien-comédienne sont souvent complexes et se basent sur la personnalité de chacun).
Le jeu est un point aveugle de l’analyse d’un film : il est plus facile de trouver des mots précis pour expliquer un mouvement de caméra ou un effet de montage que pour décrire le visage ou le corps d’un être humain.
On le voit particulièrement dans le cinéma muet où cela prend tout son sens. On constate un mélange entre une forte expressivité des gestes et un travail sur le visage particulièrement riche et nuancé. Chaplin est le comédien « pur » par son corps, ses gestes, son visage – par sa maîtrise d’un nouveau langage universellement admiré. Créateur d’un langage corporel « pur », il n’invente des stéréotypes au sein de ses nombreux films (sourires, démarches) que pour mieux les pulvériser par la précision de son jeu. Son jeu d’acteurs est parfait.
La mise en scène est millimétrée, dictée par le corps du comédien dans l’espace : il arrive brillamment à allier l’extériorité, par la maîtrise et l’expressivité de son corps ainsi que l’intériorité, par la force des sentiments qu’il exprime.
Plus tard le comédien américain a pour but de devenir par l’entraînement un « gymnaste de l’émotion » (Pacino) : l’acteur identifie le rôle à certains éléments intérieurs qu’il possède pour faire une sélection de ce qu’il a en lui. Le but est de faire entrer le personnage en soi plutôt qu’entrer en lui, aller de l’intérieur (l’émotion) vers l’extérieur (l’expression) et non l’inverse.
Et maintenant à vous les planches !